Biographie rédigée par Laura Trocmé -  Juillet 2016 à l’occasion de ma première exposition personnelle au centre Ipoustéguy à Doulcon (55)

 

Éléonore Giraud est une dessinatrice et architecte française. Née à Nogent-sur-Marne en 1988, d'un père français et d'une mère malgache, elle manifeste dès son plus jeune âge un vif intérêt pour le dessin. A l'âge de deux ans elle vibre au rythme de ses crayons, le dessin devient pour elle un véritable langage, un moyen d'expression privilégié qui ne la quittera plus. De ses cahiers d'écoles transformés en œuvres d'art à l'aide d'un seul stylo bic, aux grandes toiles matures et expressives, cette artiste autodidacte a toujours envisagé le dessin comme un acte primitif, instinctif et spontané.

 

En juillet 2016, sa première exposition personnelle au Centre Ipoustéguy à Doulcon (55), lui permet d’exposer une série de portraits et de nus en noirs et blanc sur papier, à la craie, au crayon, fusain et graphite. A travers un jeu d'ombre et de lumière, personnages réels ou imaginaires, assis, debout, allongés, en torsion, témoignent de l'instantanéité et de la fugacité de l'instant. Entre le visible et l'indicible, les regards expressifs et visages marqués par le passé s'articulent avec force, résistance et pudeur. Des esquisses vivantes et impertinentes, en dehors de l'espace-temps, qui permettent au spectateur de se laisser guider par sa propre perception.

 

Ses sources d'inspiration sont multiples : peinture classique (Léonard de Vinci), peinture moderne (Gustave Courbet), bande dessinée (Enki Bilal, Moebius, Grzegorz Rosiński), art urbain, land art, sculpture (Rodin, Camille Claudel, Javier Marin), gravure (Gustave Doré), mais aussi la danse japonaise Butō. Ses voyages en Afrique et à Madagascar lui ont permis également de rencontrer des artistes d’Art traditionnel et primitif.

 

Passionnée par l'anatomie humaine, elle tente d'être au plus près du mouvement du corps et de l'expressivité des visages : les cicatrices, bosses, blessures et imperfections constituent pour elle une source d'inspiration inépuisable.

 

Le processus de création s’amorce à partir d'une idée de départ qui grandi progressivement dans son carnet de croquis parsemé d'annotations prises sur le vif. Après une phase de recherche exploratoire, le dessin anatomique, plus technique, forme l'ossature de son travail. La phase ultime du travail est plus libre et spontanée : un jeu d'ombre portée et de lumière opalescente qui permet une symbiose et rend le sujet vivant et dynamique.

 

Elle multiplie les techniques pour mieux explorer les possibilités offertes par le langage pictural. Sensible aux variations du vivant, sa pratique s'inscrit dans un perpétuel recommencement : superpositions de couches et de matières, mouvance des traits constamment redessinés, estompages au pinceau ou au doigt. Par l'utilisation des matières volatiles sans fixatif comme la craie et le fusain, l’œuvre n'est pas figée, elle est perméable et fragile.

 

Artiste sensitive, elle a le perpétuel souci de mettre en lumière la vie intérieur de ses modèles à travers une observation sensorielle et intuitive. Elle nous invite à décrypter le langage corporel, à nous questionner sur la communication non-verbale (geste, posture, expression). Le corps devient un matériau de réflexion et nous renvoie à notre propre rapport à l'altérité, à l'intime.